Voeu OGM et voeu portant sur les violences dans les banlieues

14/11/2005, Conseil de la communauté d’agglomération de Limoges

Aprés le discours introductif de Dominique Normand, vous trouverez en document joint le voeu portant sur les OGM (adopté en séance)et un voeu d’actualité qui n’a pu être soumis au vote, suite au refus du Président de la communauté d’agglomération, Alain Rodet.

Monsieur le Président, chers collègues,

Je ne ferais pas de longs discours. Je voudrais simplement dire qu’à mon avis, notre conseil communautaire doit, comme toutes les collectivités, se sentir concernée par l’actualité politique de ces derniers jours. Les élus se doivent de réagir, quelque soit l’instance dans laquelle ils officient, à l’attitude du gouvernement face aux récents évènements qui, s’ils ont très peu touché notre région, interrogent toute la classe politique, ainsi que chaque citoyen.

Il ne s’agit pas d’excuser la violence, mais de comprendre comment on a pu en arriver là.

Certaines causes sont évidentes, telles les difficultés dans lesquelles se débattent les associations qui agissent sur le terrain, qui créent du lien social et oeuvrent pour redonner espoir et projets aux jeunes vivant dans des quartiers défavorisés. Ces associations ont vu leurs aides financières diminuer drastiquement et ont du parfois mettre la clef sous la porte.

D De Villepin a lui-même reconnu cette énorme et dramatique « erreur ».

Les luttes contre les discriminations sont bien timides, et aujourd’hui c’est encore la victime qui doit amener la preuve de la discrimination, que ce soit au niveau des emplois ou des logements, alors que les faits sont là.

Nous pourrions parler aussi de l’échec des ZEP, où sont envoyés des jeunes profs débutants, et où les moyens donnés sont loin d’être à la hauteur des ambitions affichées.

Au-delà de l’analyse de fond et des propositions constructives qu’il faudra élaborer de façon urgente, nous nous devons dans l’immédiat de réagir aux seules réponses qui ont été faites par le gouvernement. Je n’insisterais pas sur l’utilisation de mots tels que « racaille » et « karsher », tout a été dit là-dessus, et tout le monde a bien compris après quel électorat courrait Monsieur Sarkozy et quel danger représentait son petit jeu.

Mais la proclamation de l’état d’urgence, prorogée ce matin en conseil des ministres pour une durée de trois mois, ce qui sera probablement confirmé à l’assemblée nationale demain, nous fait monter un degré de plus dans l’escalade du tout sécuritaire. Ceci est très grave sur le plan symbolique, puisque la référence à la guerre d’Algérie et à notre passé colonial vient tout de suite à l’esprit. C’est très grave également par tout ce que permet cette loi d’exception en terme de privation des libertés fondamentales. Et complètement inadapté face à la situation. Cette véritable provocation risque d’alimenter encore davantage les amertumes et désespérances, là où il faudrait à tout prix travailler à répondre au besoin de justice sociale et à restaurer les solidarités.

C’est pourquoi j’ai déposé un vœu sur le sujet, que je m’étonne de ne pas voir sur les tables. je demande donc qu’il soit rapidement photocopié et porté à la connaissance de tous, afin qu’il soit soumis au vote en fin de séance.

Monsieur le Président, chers collègues, je vous remercie.

Voeux_Ogm

Conseil_Communautaire_du_14_novembre_2005_voeu_actualite

 

 

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