Comment Bruxelles veut protéger les abeilles sans bannir les pesticides

La Commission européenne a annoncé, jeudi 31 janvier, une série de restrictions concernant trois pesticides, suspectés par l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA) d’accroître la mortalité abeilles. Ces trois néonicotinoïdes – le Clothianidin, l’Imidacloprid et le Thiametoxam, omniprésents dans l’agriculture sous les noms, par exemple, de Cruiser ou de Gaucho – pourraient voir leur usage limité au sein de l’Union européenne pendant deux ans, à compter du 1er juillet, si les Etats membres valident les mesures proposées par Bruxelles….

La reconnaissance de cette dangerosité était attendue de longue date par les apiculteurs et écologistes. Mais pour le président de l’UNAF, le tout n’est pas simplement d’interdire ces pesticides, mais aussi de « régler le scandale à l’origine de la mise sur le marché de ces néonicotinoïdes, due à des conflits d’intérêts et à l’entrée systématique de puissants lobbies industriels dans les décisions européennes ».

Sur ce point l’EFSA admettait en juillet que les protocoles conçus pour évaluer les risques de ces pesticides, et pour autoriser leur mise sur le marché, présentent une série de faiblesses et d’incohérences sérieuses. Par exemple, rien n’est prévu pour tester les produits qui, comme les néonicotinoïdes, imprègnent la plante tout au long de sa croissance ; l’exposition des abeilles par inhalation, aux poussières, à la guttation, ou encore l’exposition des larves, ne sont pas prises en compte ; la taille des champs testés représentent une portion dérisoire (de 0,01 à 0,05 %) du territoire exploré par l’abeille, etc…

Comment Bruxelles veut protéger les abeilles sans bannir les pesticides.

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