La loi du plus fort fait des ravages dans nos campagnes.
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Quant un apiculteur voit le pollen de ses abeilles contaminé par des plantes transgéniques cultivées à côté de ses ruches, sa production tout entière est immédiatement interdite à la vente. L’agriculteur responsable de cette pollution, ne lui verse aucune compensation. L’Etat non plus. C’est ce qui se passe actuellement en Espagne, pays ou le maïs transgénique Mon 810 voit son aire de culture grandir chaque année.
C’est ce qui arrivera chez nous si la France ne trouve pas de parade à la levée de notre moratoire sur les cultures transgéniques, imposée le mois dernier par Bruxelles.
En effet, la décision de la cour de justice européenne du 6 septembre 2011 a ordonné la destruction de tout miel contenant un grain de pollen de Mon 810. Dans toutes les régions à culture de maïs, la profession d’apiculteur sera condamnée à disparaître si le gouvernement ne trouve pas de parade à la levée du moratoire.
On ne peut qu’être choqué, et soulagé que le maïs soit marginal en Limousin. Nos apiculteurs ne risquent donc rien ?
Pas si simple. Chez nous, ce sont les cultures pesticidées qui menacent nos apiculteurs. Deux d’entre eux ont ainsi perdu leur label il y a quelques mois, parce que leur miel avait été contaminé par les traitements massifs infligés aux pommes golden que notre région s’obstine à subventionner. Deux maraîchers bio ont subi le même sort. Ils n’ont aucun recours possible.
C’est un monde bien étrange dans lequel nous vivons, qui favorise une agriculture empoisonnant les sols et détruisant la biodiversité. Au nom de quoi ? Au nom d’une industrie chimique qui veut à toute force continuer à vendre ses produits phytosanitaires et nous fait le chantage à l’emploi. Au nom, également, d’une industrie de la confiscation du vivant (Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF …).
Que ces entreprises se battent becs et ongles pour poursuivre leur œuvre de destruction, c’est déjà difficile à comprendre. Que des élus locaux, ne se battent pas eux, becs et ongles pour les en empêcher, c’est définitivement incompréhensible.
Marie Labat, EELV-Limousin