L’énergie la moins chère et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas
Partager

COMMUNIQUE EELV 23
sur les PROJETS d'électricité 
à partir du BOIS

Actuellement plusieurs projets d’électricité à partir du bois sont envisagés en Creuse. Le groupe Creuse d’Europe Ecologie Les Verts souhaite donner son avis sur ces projets.

Tout d’abord, nous tenons à affirmer que la plus grande quantité possible du bois produit en Creuse devrait avant tout être utilisé sur place et pour les usages habituels : chauffage construction, fabrication d’ objets, isolation, pâte à papier. Les circuits courts prônés aujourd’hui par tout le monde, mais encore peu réalisés, ont à s’appliquer aussi au bois. C’est au moins un objectif à poursuivre et à atteindre.

Les projets bois de Bourganeuf et La Souterraine, auxquels il faut ajouter celui de la scierie Moreau à Sauviat sur Vige, donc dans le même secteur, s’ajoutent à celui de Bugeat-Viam en Corrèze, gigantesque et suspect à plus d’un titre. En raison des problèmes écologiques et financiers posés par ce dernier , il a été à juste titre rejeté par les écologistes et dénoncé avec force argumentation par un ensemble d’associations, dont nous partageons l’analyse. Les subventions accordées à ce projet n’ont pas été et ne seront pas votées par les élus écologistes au Conseil régional.

Par leur petite taille en premier, les récents projets de transformation de déchets de bois en électricité attirent davantage notre intérêt tout en amenant des questionnements.

La question cruciale de l’approvisionnement sur un secteur aussi restreint est un motif d’inquiétude. En apparence, beaucoup de bois est disponible, sous forme de bois mort, de bois à éclaircir, de haies non taillées , de taillis, etc. Cependant la pression est extrêmement forte entre les nombreuses chaudières bois mises en place dans les communes, l’usine de Saillat, très gourmande en bois pour la pâte à papier et ces nouveaux projets.

La demande risque d’ être beaucoup plus forte que l’espace sur lequel les projets reposent.

De plus , il est primordial de laisser sur place une quantité importante de souches, branchages, écorces , feuilles pour nourrir le sol , assurer une diversité d’insectes, qui eux mêmes assurent une diversité d’oiseaux, de chauves souris etc… Toute exportation massive et régulière de matière végétale appauvrit le site, particulièrement en oligo-éléments. L’écosystème est extrêmement et merveilleusement bien organisé, nos connaissances généralement insuffisantes sur la vie des sols et nos interventions humaines pour des besoins de soi disant confort peuvent s’avérer catastrophiques à moyen et long terme et au final contraires à nos intérêts.

Nous nous interrogeons également sur le bilan énergétique de ces projets.

On peut par contre voir l’utilisation des déchets de sciage pour en extraire l’énergie sur place comme une bonne formule, car elle ne nécessite pas de transport supplémentaire de matière. C’est un système d’économie circulaire.

En conclusion

Pour remplacer le nucléaire et moins gaspiller l’énergie dans le transport, il est nécessaire de développer de nouvelles sources d’énergie, et de produire l’énergie au plus proche de son utilisation. De plus nos efforts vers les économies d’énergie sont encore bien trop timides. Selon la jolie formule : l’énergie la moins chère et la moins impactante est celle que l’on ne consomme pas.

Notons également que, dans le domaine de l’exploitation du bois, certaines pratiques actuelles sont surprenantes : quand un propriétaire donne à une entreprise une haie non entretenue depuis de nombreuses années pour s’en « débarrasser » sans percevoir la moindre compensation. Cela signifie qu’il n’accorde aucune valeur à ce bois pourtant en grande quantité, alors que l’entreprise en question va bien le valoriser.

Cela est caractéristique d’ une attitude assez fréquente en Creuse, qui consiste à ne pas avoir conscience de la valeur des choses naturelles dont nous disposons. C’est le cas de l’eau, de l’air, de l’espace, du paysage… Le bois fait partie de nos richesses, sachons l’utiliser à bon escient.